ACCUEIL DES MOINS DE SIX ANS

 
 

INTRODUCTION

On constate une augmentation de jeunes enfants dans les ALSH, phénomène induit partiellement par une  scolarisation précoce, la mise en place de classes passerelles, et la réforme des rythmes scolaires. Ne connaissant pas toujours ou très peu  la collectivité,  leur accueil demande une adaptation des structures de loisirs en réponse à leurs besoins et  leurs particularités. Dans le cadre de la réglementation, les services de la PMI sont sollicités pour émettre un avis sur la qualité de l’accueil de ces jeunes enfants. Les échanges entre la PMI et la DDCS ont permis de dégager  3 objectifs et 3 thématiques essentiels.

 

 

OBJECTIFS

1. Proposer une aide aux  organisateurs pour offrir un accueil de qualité

2. Partager les compétences pour mieux accompagner les équipes d’animation

3. Elaborer une cohérence éducative entre les acteurs professionnels

THÉMATIQUES

 1. Accueil des enfants

L’accueil de l’enfant et de sa famille

Il repose sur une relation de confiance entre la famille et les professionnels et ce pour garantir une stabilité de repères qui réponde au mieux aux besoins de  l’enfant et de sa famille. Il est conseillé d’envisager un accueil progressif et peut-être de réserver un temps de rencontre individualisé à travers une visite des locaux de l’accueil de loisirs. Il faudra nécessairement, identifier et garantir une place à l’enfant  dans tous les moments de la journée.

Rythme de vie, capacités de l’enfant

Tenir compte des besoins physiologiques, psychoaffectifs et psychomoteurs de l’enfant est essentiel : repos, sommeil, repères dans le temps et l’espace, capacité d’attention  et de concentration, autonomie relative, adaptation à de nouvelles situations, ce qui implique de formuler des consignes claires, simples et cohérentes en lien avec son développement.

Sante, hygiène, confort, sécurité

Garantissant sa sécurité physique et psychique

Tenir compte du développement neurologique, psychomoteur, psychoaffectif qui conditionne certaines acquisitions (de la propreté, etc.) et avoir une attitude empathique pour mieux accompagner les acquisitions.

Respecter son intimité

Aménager les espaces et les temps (sieste) en conséquences (ex : cloison entre les toilettes, emplacement de WC qui respecte au mieux l’intimité, papier toilette à proximité)

Réduction des Nuisances sonores

Les nuisances sonores conduisent à accroître la fatigue des enfants. Ne pas cumuler des fonds sonores avec les activités ou lors des temps de repas et de repos.

Problématiques médicales et paramédicales

Avoir à disposition des protocoles médicaux de base en lien avec les problèmes de santé les plus récurrents chez les très jeunes enfants, (de surcroît dès lors qu’ils n’ont pas connus la collectivité auparavant) : fièvre, chutes, douleurs, etc. (Avoir une pharmacie adaptée)

Pour clarifier les différents niveaux d’intervention possibles et les responsabilités il est impératif de former et de sensibiliser l’équipe à l’accueil d’un enfant  ayant un problème de santé spécifique qui réclame une attention particulière qu’il s’agisse d’enfants présentant une maladie chronique ou des troubles du comportement.

Etre en possession de PAI en conséquence.

Les préconisations ci-dessus imposent le concours d’un médecin.

Mise-à-jour du registre de sécurité 

Le plus souvent détenu par le responsable de l’établissement scolaire où se déroule l’accueil il doit être accessible au responsable de l’ALSH durant les heures d’activité de l’accueil de loisirs. Il en a la responsabilité et les obligations correspondantes.

Sécurité affective

L’enfant a un besoin impératif d’être conforté dans son existence pour se construire psychiquement. La vie en groupe peut être un frein à cette construction si sa place n’est pas constamment garantie. Son comportement peut être qualifié « d’égocentrique » n’ayant pas toujours la maturité psychique nécessaire pour exister à l’intérieur d’un groupe et pour intégrer la notion d’appartenance. Ainsi, l’idée de « chacun son tour » le met en difficulté et remet son existence propre en question. Dès lors, l’équipe doit réfléchir à une organisation qui réponde à ce besoin de sécurité affective en instaurant des repères dans le temps et dans l’espace. Elle doit garantir la place de l’enfant dans le groupe et signaler son absence éventuelle (mettre en mot l’absence).

Taille du groupe

Tenir compte de ces spécificités pour définir la taille des groupes selon les différents moments de la journée, que ce soit pour les activités ou les temps de repas et de repos.

2.  Jeux et activités-Aménagement de l’espace intérieur et extérieur

 

Activités 

Nature des activités (éducatives et/ou motrices)

Jeux moteurs, d’imitation, de constructions, activités peinture,  lecture, collage,

La rêverie (ou ne rien faire) est très  importante pour l’enfant, c’est un temps de construction et d’intégration psychique, un temps d’observation et aussi de repos indispensable

Compréhension, accès libre et / ou encadré

Organiser l’aménagement des locaux permettant à l’enfant de voir et d’être vu, par l’adulte lors des activités. Mais, si certaines activités encadrées s’imposent parfois pour des raisons de sécurité ou pédagogiques et nécessitent la présence d’un adulte, d’autres peuvent être menées en accès libre. Cette proposition invite l’enfant à faire un choix qui relève uniquement de son besoin du moment. Pour autant, il faudra veiller à rendre les  consignes claires et cohérentes et à adapter le nombre d’enfants participant aux différentes activités selon leur dangerosité (jeux d’eau, piscine).

Jeux à règles

Les jeux à règles sont à introduire progressivement. L’enfant doit acquérir la compréhension des consignes pour se les approprier et ne pas être mis en difficulté. Une série d’échecs n’aide pas à grandir et la mise à distance est  nécessaire pour intégrer ces règles sans être atteint dans l’image de soi.

Mobilier

Il doit être confortable, adapté à la taille de l’enfant, et à sa capacité d’autonomie (chaise permettant d’avoir les pieds au sol). Il est nécessaire de prévoir des structures motrices extérieures adaptées et de délimiter un espace réservé aux plus jeunes.

3.  Formation, mutualisation et échanges de bonnes pratiques professionnelles

-  Favoriser l’accès à la formation du personnel et sensibiliser les équipes à l’existence du  BAFABrevet d'aptitude aux fonctions d'animateur option petite Enfance, et, transmettre les informations incitatrices dans ce sens (aide financière plus importante de la CAF pour ces BAFABrevet d'aptitude aux fonctions d'animateur PE) ;

-  Échanger sur les pratiques éducatives avec les professionnels des établissements d’accueil du jeune enfant (éducatrice de jeunes enfants, services petites enfance, services médicaux, centre de PMIPetites et moyennes industries Protection maternelle et infantile) et partager les informations utiles aux équipes d’animation ;

-  Mutualisation des  compétences et des moyens en lien avec les professionnels des différents services sur la commune, mais aussi à l’échelle du territoire ;

-  Travailler  si possible en partenariat avec l’Education nationale : présence d’AVS temps scolaires et extra scolaires.