Cérémonies et déplacements

Dévoilement de plaque en hommage à Maurice et Jacques SEGAUX « Justes parmi les Nations », 29 mai 2018

 
 
Hommage à Maurice et Jacques SEGAUX  « Justes parmi les Nations ».

Monsieur le Maire, Daniel GUIRAUD

Mesdames et Messieurs les membres de la Famille SEGAUX,

Monsieur le représentant de l’Ambassade d’Israël en France, Ido Bromberg

Mesdames et Messieurs les représentants du comité français pour YAD VASHEM,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi, en premier lieu, de bien vouloir excuser M. Pierre-Andre DURAND, Préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’a pu être présent aujourd’hui et qui m’a demandé de le représenter, au vu de l’importance de cette commémoration. Je suis personnellement très honoré de pouvoir participer à cette cérémonie et je vous remercie Monsieur le Maire pour votre invitation.

Monsieur le maire, en choisissant d’organiser aujourd’hui cette cérémonie du dévoilement d’une plaque en l’honneur de Maurice et Jacques SEGAUD, vous nous adressez un message plein de sens à tous.

Vous nous rappelez que, en pleine occupation, des gens de bonne volonté, des héros, œuvraient à préserver notre dignité et les valeurs de la République.

Le 19 août 1953, est créé, à Jérusalem, l’Institut Commémoratif des Martyrs et des Héros de la Shoah - YAD VASHEM –

Un nom tiré du chapitre V du Prophète Isaïe : « et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés ». 

En 1963, une Commission présidée par un juge de la Cour Suprême de l’Etat d’Israël est alors chargée d’attribuer le titre de « Juste parmi les Nations », la plus haute distinction civile décernée par l’Etat hébreu, à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi.

Les personnes ainsi distinguées doivent avoir procuré, au risque conscient de leur vie, de celle de leurs proches, et sans demande de contrepartie, une aide véritable à une ou plusieurs personnes juives en situation de danger.

Les noms des Justes parmi les Nations de France sont également inscrits à Paris, dans l’Allée des Justes, près du Mémorial de la Shoah, rue Geoffroy l’Asnier. 

Le 18 janvier 2007, dans la Crypte du Panthéon, le Président de la République Jacques Chirac, sur une proposition de Simone Veil, donnait alors aux Justes parmi les Nations de France, reconnus ou restés anonymes, une place légitime auprès des grandes figures de notre pays.

Il y a fait inscrire leur action collective par ces mots : « (…) bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la France, les valeurs de justice, de tolérance et d’humanité ».

L’hommage rendu aux « Justes parmi les Nations » revêt une signification éducative et morale : éducative, car les Justes prouvent que, même dans des situations d’intense pression physique et psychologique, la Résistance est possible et que l’on peut s’opposer au mal dans un cadre collectif ou à titre individuel ; morale, car la reconnaissance envers ceux dont la conduite est exemplaire, est un devoir. 

Aujourd’hui, nous sommes donc réunis pour rendre un hommage ému et solennel à Maurice et Jacques SEGAUX qui se sont vus décerner le 8 mars 1987 le titre de Juste parmi les Nations par l’institut Yad Vashem.

La famille SEGAUX possédait et dirigeait depuis des générations l’institution qui portait son nom aux Lilas. Pendant l’Occupation, Maurice SEGAUX en fit un refuge pour des enfants juifs. Cet homme courageux, pétri d’humanisme et de valeurs morales qu’il avait su transmettre à sa famille et à son personnel, dissimulait l’identité de ceux de ses élèves qui étaient juifs. Il n’aurait pas réussi sans le soutien de toute son équipe.

Les registres de l’école ne portaient pas les noms des enfants juifs, ce qui rendait l’établissement vulnérable en cas de contrôle. Ces enfants n’avaient pas non plus de carte d’alimentation, et dépendaient donc totalement de la famille SEGAUX.

En janvier 1943, des gendarmes firent irruption à l’école, chargés d’arrêter Jacques TORROS, dont la famille, déportée, était morte à Auschwitz.

Maurice SEGAUX le défendit avec passion et réussit à la sauver, puis le cacha. Après la guerre, Jacques TORROS évoqua la chaleur et le dévouement des SEGAUX. Un autre de leurs protégés, Joseph KLEJNER, mentionne le courage de cette famille qui sauva au moins dix enfants juifs et les cacha pendant un an et demi.

Pour Maurice et Jacques, sauver et protéger ces enfants était l’évidence. C’était la seule et unique chose à faire. Pour eux, il était inconcevable de faire autrement. Ils ne recherchaient ni les remerciements, ni les récompenses et encore moins les honneurs.

Par cet acte, Monsieur le maire, vous perpétuez le souvenir de leur action. Vous offrez au monde, et surtout aux jeunes générations, leur exemple. C’est quelque chose de remarquable

Le dévoilement d’une plaque leur rendant hommage viendra rappeler la force de leur engagement symbolisé par cette phrase du Talmud :

« Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ».

Vive les Lilas, vive la France, Vive la république

Je vous remercie.

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